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Le blog-notes de Radio Notre-Dame

Le blog-notes de Radio Notre Dame

Le blog-notes du 26 octobre 2015 – Synode de la famille, le jour d’après (À 03:06 sur le site de Radio Notre-Dame en réécoute).

Louis Daufresne : Ce synode sur la famille qui vient de s’achever, chemin qui a été proposé aux évêques et aux cardinaux, était parsemé d’embûches et de questions assez chaudes que l’on n’a pas encore finies de débattre. De quel œil avez-vous vu cela, vous ?

Hélène Bodenez : Eh, bien laïque de base j’ai été tributaire comme le vulgum pecus des annonces tonitruantes des médias qui ont réduit le débat aux seules questions des homosexuels et des divorcés-remariés. Des medias assez mal placés pour s’immiscer dans ce débat sur l’essence même de la foi des catholiques. Qu’est-ce qu’ils connaissent à l’Eucharistie ? Il m’a fallu à chaque fois essayer de trouver des sources sûres pour démêler le vrai du faux, le juste du tendancieux, le dépassionné de l’irrationnel. J’avoue que m’habite également une confiance a priori dans le jugement du pape : et là, son avis n’a toujours pas été publié. J’ai donc pris tout cela avec un certain recul.

L.D. : C’est une grande consultation de fond…

H.B. : Oui et certains médias vont vite en besogne en donnant quitus aux voix qui regardent l’Église comme une société égalitariste réunie par de nouveaux droits à acquérir. La communion eucharistique n’est pas un droit à obtenir ; elle est un sacrement régi par bien plus qu’une simple conscience individualiste. Clé de voûte, l’Eucharistie forme l’Église du Christ. Sa discipline concerne toute la communauté. Les raisons de ne pas communier sont multiples et nous devrions nous pencher un peu plus sur son accès si facile quand dans le même temps la Foi décroît et les confessions régressent. Combien sans être divorcés-remariés communient aujourd’hui et satisfont à ce que l’Église commande ? Arrêtons-nous sur des faits simples comme la fidélité à la messe dominicale. Ou encore le péché d’orgueil que nous commettons tous, tous les jours … véritable obstacle à la croissance de la vie spirituelle. Je pense d’autre part – et je vais peut-être choquer en le disant – que les divorcés-remariés ne sont pas forcément les plus malheureux dans notre société et focaliser sur leur éviction de l’Église ne me parait pas si juste. Qui d’un célibataire, d’une veuve, d’une divorcée pas remariée ou d’une famille recomposée semble le plus socialement inséré ?

Choisir la vie qu’on mène en fonction de l’amour qu’on a de l’Eucharistie n’est pas si facile qu’on croit et j’avoue être plus qu’étonnée de voir posé dans l’Église en termes d’égalité de droits ce qui relève d’un don incommensurable.

L.D. : Vous ne croyez pas aux avancées que les médias mettent en avant ?

H.B. : Non ! Elles sont en tout cas sur le tapis avec danger qu’elles ne percent et distillent à terme leur venin de démolition de l’Église. Mais quand je lis des exhortations post-synodales, comme par exemple celle exigeante de Jean-Paul II Ecclesia in Europa, je me rends compte à quel point chaque pape, après avoir tout écouté, sollicité les avis les plus divers, a pris souvent en des temps troublés la température de l’Église, et grâce au synode donne ensuite le miel de son enseignement qui ne peut faillir.

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Pour aller plus loin

Lire sur le site du Figaro l’interview d’Aline Lizotte de Jean-Marie Guénois “Synode : l’Eglise catholique devient-elle protestante ?”

Revoir sur le site de France 5  l’émission du 26 octobre en pluzz pendant sept jours “Le pape qui veut changer la société”. Une émission révélatrice de ce que veulent les médias. À entendre tous ces journalistes, tout est acté.