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Revue de presse : Guilhem Dargnies “Touche pas à mon dimanche !”

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SOCIÉTÉ

Touche pas à mon dimanche !

 

Si les deux principaux prétendants à la présidence se sont montrés favorables à l’extension du travail du dimanche, ses opposants ne baissent pas les bras. En témoigne, le 4 mars dernier, la première Journée européenne de défense du repos dominical.

 Les magasins doivent-ils ouvrir le dimanche? Surtout pas, répond le collectif des Amis du Dimanche, organisateur, le 4 mars, de la première Journée européenne de défense du repos dominical. Encore timide cette année, ce mouvement pourrait fédérer « un million de personnes en France »  dans sa deuxième édition en 2013, espère son président Jean Dionnot. Lequel s’était fait connaître il y a quelques années lors de la polémique sur la suppression du lundi de Pentecôte. Le collectif revendique en effet le soutien d’une large majorité des députés de gauche, d’une centaine de parlementaires de droite, mais aussi de nombre d’organisations cultuelles, culturelles, sportives, syndicales. Sans compter l’aval des petits commerces que l’ouverture dominicale des grandes surfaces menace de disparition.

 À quelques semaines des élections, le combat peut paraître difficile à gagner. Le 17 février, Nicolas Sarkozy promettait en effet de « poursuivre les assouplissements » visant à favoriser les ouvertures dominicales. Même musique qu’en 2007, qui aboutit alors à la loi Maillé: depuis 2009, certains commerces comme les pharmacies, les fleuristes et les boutiques de souvenirs sont autorisés à ouvrir le dimanche toute l’année. Tous les autres magasins peuvent ouvrir cinq dimanches par an, sur autorisation préfectorale, tandis que certains périmètres spécifiques dédiés au tourisme bénéficient d’une certaine souplesse.

 De son côté, François Hollande s’est engagé à  « ouvrir des négociations ». Selon le candidat PS, il faut trouver « un équilibre entre les droits des salariés» et une nécessaire adaptation des commerçants face à «de nouvelles formes de concurrence ». Des positions contredites notamment par François Bayrou: « Je trouverais scandaleux qu’une partie de la population n’ait plus le droit à ce repos du dimanche établi depuis des siècles », s’est-il exclamé le 18 février. Sur ce point, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen le rejoignent, cette dernière évoquant à ce sujet les effets d’un « totalitarisme mondialisé ».

 Le modèle outre-Rhin pourrait-il inspirer l’Élysée ? 

 Pourquoi le clivage gauche/droite ne fonctionne-t-il pas vraiment sur cette question ? «Transcendant les partis, deux visions de l’homme s’affrontent », explique Hélène Bodenez, auteur du livre À Dieu le dimanche ! (1) « Un regard “objectif” sur le travail n’accorde d’importance qu’à la seule efficacité de la production, sans égard pour la personne qui travaille. D’où la nécessité d’un regard “subjectif” pour rétablir ce déséquilibre. » Avec en creux, toujours, la question du sens que nous donnons au repos, notamment dominical: « Le dimanche est fait pour se retrouver en famille et faire du bénévolat ! Et pour les catholiques, c’est du temps consacré à Dieu. Les Allemands l’ont bien compris puisqu’ils protègent le repos dominical jusque dans leur Constitution ».

 Le modèle outre-Rhin, souvent adulé, pourrait-il davantage inspirer les candidats à l’Élysée sur ce point ?

 

•Guilhem Dargnies  

 

(1) Éditions Grégoriennes, juin 2010,

www.famillechretienne.fr

Famille Chrétienne n°1782 du 10 au 16 mars 2012 (p.38)


Oui au repos dominical ! Lp

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